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Les compagnies de la propagation de la foi (1632-1685) : Paris, Grenoble, Aix, Lyon, Montpellier

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Sous-titre :
Étude d'un réseau d'associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l'hérésie, des origines à la révocation de l'Édit de Nantes
ISBN :
9782600004251
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552 pages - RELIE - - Prix : 104,10 €
Votre prix : 98,90 €
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Statut :
Neuf
4e de couverture :
*Médaille du prix Chaix d'Est-Ange de l'Académie des sciences sociales et ploitiques.
Le réseau des Compagnies de la Propagation de la foi n’est qu’un maillon parmi les institutions religieuses créées au XVIIe siècle pour lutter contre "l’hérésie protestante". L’Etude globale de Catherin… [lire +]
*Médaille du prix Chaix d'Est-Ange de l'Académie des sciences sociales et ploitiques.
Le réseau des Compagnies de la Propagation de la foi n’est qu’un maillon parmi les institutions religieuses créées au XVIIe siècle pour lutter contre "l’hérésie protestante". L’Etude globale de Catherine Martin s’inscrit non dans la perspective de la conversion protestante, mais dans celle de la sociabilité catholique de 1632, date de naissance de la première Compagnie à Paris, jusqu’à la Révocation de l’Edit de Nantes.
Critiques de la presse

Les Compagnies de la propagation de la foi (1632-1685) : Paris, Grenoble, Aix, Lyon, Montpellier
Annales. Histoire, sciences sociales, 57-2 (2002)
La Compagnie de la Propagation de la foi, aussi nommée de l'Exaltation de la Croix, a été fondée en 1632 à Paris par le père Hyacinthe Kerver, collaborateur du père Joseph. Association d'un nombre réduit de personnes influentes – pour presque la moitié, il s’agit de membres du clergé séculier, pour le reste surtout d’officiers de justice laïques situés à des postes stratégiques dans l’administration royale –, elle se donnait pour but de faciliter la conversion individuelle des protestants. D’un côté, elle préparait ses membres à la controverse (versant religieux), de l’autre, elle mobilisait toutes les influences pour que le nouveau converti soit à même de reconstituer dans sa nouvelle confession le réseau de liens sociaux et économiques qu’il avait perdu en abandonnant l’ancienne.

La Compagnie parisienne perdit beaucoup de son influence dans les années 1650. Elle essaima cependant dans le sud-est de la France, entre 1647 et 1679, à Grenoble, Lyon, Marseille, Aix, Montpellier et quelques autres lieux. Un ordre religieux, les Filles de l’Exaltation de la Sainte Croix, chargé de la gestion des maisons d’accueil pour les nouveaux convertis ouvertes à Paris et en province, en est issu. Ce tissu associatif dura jusque très avant dans le XVIIIe siècle. Il s’agissait toujours de groupes réduits et élitistes, sur le modèle parisien, que l’on retrouve partout avec des nuances locales – plus forte influence des parlementaires à Aix, de la bourgeoisie marchande à Lyon ; d’associations où les laïcs et les femmes jouaient un rôle important, typiques d’une contre-réforme des élites, prompte à associer les forces sociales à l’effort de catholicisation.

Au fur et à mesure que la politique royale se durcissait vis-à-vis des protestants, la Compagnie adopta une attitude de plus en plus offensive à leur égard. La controverse s’effaça devant l’action sociale et surtout le harcèlement judiciaire que rendait aisé l’implantation de nombreux confrères dans l’appareil de justice. L’objectif était d’imposer localement une application restrictive de l’édit de Nantes : limitation du nombre des lieux de culte et des assistants aux offices ; élimination des officiers publics protestants ; application à la lettre de la législation royale qui déclarait catholiques de droit les enfants illégitimes issus de protestants ; bref, une politique de pression sur les communautés protestantes, menée localement, qui précède et ouvre la voie à l’action royale dans ce domaine. Certaines opérations furent de grande ampleur, tel l’achat de la juridiction seigneuriale de la vallée (vaudoise) du Pragela, sur le versant italien des Alpes, pour créer les conditions d’une reconquête catholique.

On appréciera de disposer d’une vue d’ensemble riche en données sur une association influente qui n’était jusqu’ici connue que très partiellement, même si l’absence de sources limite sur certains points son apport. On appréciera surtout la description minutieuse de la guérilla menée par la Compagnie pour déstructurer les communautés protestantes en les privant de tout appui institutionnel.
Bien que l’ouvrage, encore trop proche formellement de la thèse dont il est issu, ne soit pas exempt de défauts, et qu’il ne parvienne pas à bien mettre en relief la variabilité locale et chronologique des choses, le travail de C. Martin a le mérite de montrer, par des descriptions concrètes, à quel point les relais sociaux peuvent être efficaces, ce qui n’en rend que plus urgente encore leur étude systématique.
- Jean-Pierre Dedieu

Les Compagnies de la propagation de la foi (1632-1685) : Paris, Grenoble, Aix, Lyon, Montpellier
Revue d'histoire moderne et contemporaine, 51-1 (2004)
Cette thèse très importante éclaire d'un jour neuf le réseau dévot au XVIIe siècle et l'une de ses activités principales, la lutte contre le protestantisme. Forte de recherches approfondies dans les dépôts d’archives parisiens, provinciaux, mais aussi romains, l’auteure dresse un tableau aussi complet que des sources relativement abondantes le permettent.
Organisation publique, reconnue par l’État et l’Église, la compagnie de la propagation de la foi n’a pas en effet connu les contraintes du secret que s’impose la presque contemporaine compagnie du Saint-Sacrement et n’a pas eu à cacher les traces de son action. Subsistent donc des archives et des registres de délibérations d’inégale importance suivant les compagnies. Celle de Paris, la première fondée, ne peut être étudiée que pour les premières années. Les filiales de provinces, qui prennent bien vite leur indépendance, se concentrent dans le sud-est de la France. Les compagnies de Marseille, Nîmes et Avignon nous sont connues presque uniquement par une documentation indirecte. Celles d’Aix, Lyon et dans une moindre mesure Montpellier ont laissé des registres. Enfin, la compagnie de Grenoble est la mieux documentée, car on a conservé ses délibérations de 1647 à la Révocation et même au-delà, source que l’on peut de plus confronter avec le registre de la compagnie locale du Saint-Sacrement, lui aussi bien conservé. Pour une fois, les archives semblent recouper la réalité : Grenoble est sans doute sinon la capitale du sudest dévot, au moins un de ses principaux centres. L’intense activité des dévots dauphinois, particulièrement bien documentée, s’explique peut-être aussi par une situation de frontière politique, avec l’influence italienne toute proche, et surtout religieuse, dans la confrontation avec les Vaudois et surtout avec la si proche Genève.

Catherine Martin traite en un premier temps de la compagnie parisienne et surtout de sa fondation. La fin des années 1620, avec la victoire définitive des armes catholiques sur le « parti huguenot », avec aussi le triomphe politique de Richelieu, semble être pour la nébuleuse dévote le temps d’une réorganisation avec un souci de coordination, de rationalisation des initiatives individuelles. La fondation de la compagnie du Saint-Sacrement en est un témoignage. Comme pour cette dernière et indépendamment semble-t-il d’elle, c’est un capucin, Hyacinthe de Paris, qui a l’idée d’une association spécifiquement consacrée à la conversion des protestants. Le père Hyacinthe est proche du père Joseph et par lui de Richelieu, qui appuie le projet. En effet, l’accueil des autorités ecclésiastiques est plutôt tiède. L’assemblée du clergé de 1635 est très réservée sur une association qui semble introduire de dangereuses nouveautés. Mais, outre le soutien du pouvoir royal, le père Hyacinthe obtient, plus difficilement, celui de Rome et de la toute récente congrégation de propaganda fide, repère du parti français à la curie. Il sait aussi soumettre la toute nouvelle compagnie à l’autorité de l’évêque, ce qui apaise quelque peu les craintes de l’épiscopat gallican. Pour éviter de blesser la susceptibilité de la congrégation romaine du même nom, la compagnie ne prend pas pour nom officiel celui qui lui est communément attribué, mais celui de compagnie de l’exaltation de la sainte Croix. Sa recherche d’autorisations multiples auprès du pouvoir royal, de Rome, du clergé français, lui vaut d’ailleurs d’avoir deux statuts différents, l’un approuvé par les autorités françaises, l’autre par les autorités romaines. Dans les deux cas, ils conservent l’essentiel du projet de Hyacinthe de Paris et de son originalité : associer des clercs et des laïcs, et même des femmes, pour lutter quotidiennement contre l’hérésie. Certes, les statuts semblent concevoir cette lutte de façon parfois bien anachronique : ils souhaitent ainsi développer une formation à la controverse, quand cette méthode d’affrontement tombe depuis déjà plusieurs années en désuétude. Les confrères ne la pratiquent d’ailleurs guère, et l’on peut se demander dans quelle mesure les conférences de formation à la controverse ne remplissent pas finalement un simple rôle d’éducation théologique, voire d’édification spirituelle, aspect qui par ailleurs est bien absent des activités d’une organisation tournée avant tout vers l’action.

La compagnie de Paris a déployé une activité d’autant plus efficace qu’elle a bénéficié de l’appui constant de Richelieu. Au moment même de l’alliance suédoise et de la guerre contre l’Espagne, le cardinal-ministre confirme ainsi son engagement antiprotestant à l’intérieur. La mort du cardinal et la régence mettent fin à cette alliance avec le pouvoir, malgré la sympathie personnelle d’Anne d’Autriche pour le réseau dévot.
Victime, comme la compagnie du Saint-Sacrement, de l’hostilité de Mazarin puis de Louis XIV à l’égard d’associations jugées trop indépendantes, la compagnie parisienne de la propagation de la foi survit à une grave crise en 1653, mais ne semble plus que l’ombre d’elle-même. Elle a eu le temps d’installer un réseau provincial qui, s’il connaît lui aussi des difficultés dans les années 1650, les surmonte mieux que la compagnie-mère parisienne. Ce réseau très complexe (voir l’organigramme très parlant de la p. 225) est essentiellement étudié ici pour les seuls établissements de la propagation de la foi. Les différents instituts liés à des maisons de Nouvelles Catholiques sont certes présentés, mais, pour d’évidentes raisons de cohérence, Catherine Martin ne développe pas l’analyse à leur sujet. Les compagnies provinciales, indépendantes de Paris, ont reconstitué une hiérarchie purement régionale. Grenoble semble dominer assez nettement, notamment vis-à-vis de Lyon ou Avignon. Chaque compagnie a cependant une personnalité propre, celle de Grenoble étant ainsi dominée par l’activité des Dames, qui jouent un rôle prépondérant tout à fait étonnant quand on connaît la relative méfiance de la Réforme catholique à l’égard des dévotes. Catherine Martin sait aussi analyser finement la composition sociale de chaque compagnie, qui recrute toujours dans l’élite, mais peut privilégier suivant les lieux nobles, clercs, parlementaires, marchands, etc.
L’unité est cependant assurée par des statuts similaires, des buts communs et une correspondance plus ou moins active suivant les compagnies et les années.

L’action des compagnies de la propagation de la foi est étudiée dans la troisième partie. Le premier soin des confrères est d’aider les nouveaux convertis, que leur abjuration laisse souvent dans une situation matérielle très précaire. Il ne s’agit pas seulement de ministres, qui perdent évidemment tout, mais aussi d’artisans qui voient fuir leur clientèle, d’enfants déshérités par leurs parents, de filles chassées par leur famille, etc. Les compagnies mettent en place des réponses adaptées, telle que l’aide financière ponctuelle, la mise en apprentissage ou le placement comme domestique, l’hébergement dans des maisons de nouveaux convertis, maisons surtout destinées aux femmes.
Les confrères assurent un suivi des personnes qu’ils aident et n’hésitent pas à sévir contre ceux qui retournent à leur ancienne foi, ou qui simplement ne mènent pas la vie exemplaire que les dévots attendent d’eux. Très vite bien sûr, il devient difficile de distinguer entre l’aide à une personne convertie de son plein gré, la sollicitation à la conversion, la conversion plus ou moins forcée, d’autant plus que les compagnies visent en priorité les enfants et les jeunes adultes. Le veuf huguenot d’une épouse catholique a ainsi toutes les chances de se voir retirer ses enfants, à moins qu’il ne se convertisse. Les cousins protestants qui se sont mariés sans demander la dispense ecclésiastique, obligatoire pour tous, risquent eux aussi de se voir retirer leurs enfants, considérés comme illégitimes. Catherine Martin multiplie les exemples qui voient les confrères profiter d’une législation toujours plus dure à l’égard des protestants pour harceler individuellement et collectivement la minorité réformée. Avec quelle efficacité ?

L’auteure ne se hasarde pas à faire un bilan chiffré très aléatoire, mais elle suggère que l’action des confrères dût avoir un fort impact, surtout auprès de communautés protestantes importantes, mais minoritaires et dispersées comme celles du Dauphiné. Une telle efficacité ne s’explique que par l’étroite collaboration des confrères avec le pouvoir central, malgré l’éclipse des années 1650, et local, surtout en ce qui concerne le pouvoir judiciaire. La survie des compagnies après une Révocation tant attendue prouve cependant l’échec de ces militants d’une France toute catholique. Tous les thèmes étudiés dans ce livre ne peuvent être présentés ici. Beaucoup renversent des idées reçues, comme l’opposition entre Richelieu et les dévots, ou ouvrent des pistes nouvelles. Quelle historienne ou quel historien de la religion féminine s’emparera de cette « régence de la Vierge » sur le collège apostolique entre l’Ascension et la Pentecôte, que célèbrent dignement les Dames de Grenoble (p. 306) ? L’étude de Catherine Martin apporte une contribution essentielle à la compréhension de la nébuleuse dévote au XVIIe siècle, de ses évolutions, de son insertion dans le jeu politique et social.
- Alain Tallon

Les compagnies de la propagation de la foi - Étude d'un réseau d'associations fondé en France au temps de Louis XIII pour lutter contre l'hérésie, des origines à la révocation de l'Édit de Nantes - par Catherine MARTIN - Editeur DROZ



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